« Sylvia » de Leonard Micheals, est un de ces livres que l’on n’hésite pas à relire, qui nous bougent le sol à chaque page. J’aime dire qu’il appartient à ce genre de littérature qui se lit avec les tripes. Ce roman autobiographique, raconte l’histoire du premier mariage de l’auteur en 1960 avec Sylvia Bloch, une fille brillante mais d’une psyché fragile et déséquilibrée.
Cette histoire a commencé sans début « Nous nous étions rencontrés moins d’une heure plus tôt, et pourtant, il semblait que nous étions ensemble, dans la plénitude de ce moment, depuis toujours » (p. 26). Leur vie ensemble était infernale, d’une passion terrible et étouffante, malsaine. Les personnages sont enfermés dans le labyrinthe de leur relation tourmentée, sans aucun recul ou distance critique quelconque, juste des désespoirs « Etre ensemble à cet instant était si naturel que je me suis demandé : Est-ce ça l’amour ? Et si l’on a été amoureux, est-il possible que les sentiments éprouvés pour cette personne disparaissent ? » (p.132-33)
Cependant, « Sylvia » a une particularité, le manque total de pathos dû peut-être au fait qu’il a été publié trente ans après le destin tragique du couple. Ainsi, le lecteur affronte au fils de pages une histoire d’amour et de folie complètement dépouillée de sentimentalismes et du mélodrame. Le manque de pathos de même que la puissance des descriptions la rendent poignante, accrochant le lecteur de la première à la dernière page du livre.

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