lunes 10 de enero de 2011

Ainsi écrit Javier Cercas

Après avoir conquis les lecteurs avec son roman sur la guerre d’Espagne, Les soldats de Salamine, Javier Cercas revient nous délecter avec son dernier livre, Anatomie d’un instant. Ce livre n’est pas une fiction. Il s’agit d’un extraordinaire récit autour de l’événement phare de l’histoire de la démocratie espagnole : le coup d’état du 23 février 1981. Grace à ses connaissances des sources documentaires ainsi qu’à sa maitrise des outils narratifs, Cercas réussit à nous submerger dans le temps, l’atmosphère et les circonstances de la spectaculaire prise d’otage du parlement espagnol.

Par-dessus tout, Cercas veut mettre en avant les gestes « héroïques » de trois hommes, Adolfo Suárez, Gutiérrez Mellado et Santiago Carrillo qui, malgré la fusillade entreprise par les ravisseurs, ont refusé de se lancer au sol de l’hémicycle lors du putsch. L’auteur utilise donc cet instant, comme un judas à travers duquel nous pouvons contempler une époque et un pays ; l’anatomie de la démocratie de l’Espagne contemporaine.

Anatomie d’un instant est incontestablement l’une des meilleures chroniques sur l’histoire de la transition espagnole.

Javier Cercas, Anatomie d’un instant, traduit de l’espagnol par Aleksandar Grujicic et Elisabeth Beyer, Actes Sud, 2010 ; pp.480.